L’obsolescence programmée dans la prison

L’obsolescence programmée permet d’infliger de très sérieuses amendes mais n’a encore envoyé personne en prison, pourtant, le phénomène lui existe bel et bien derrière les barreaux. C’est en partie ce qui permet de comprendre pourquoi les conversations sont si mal brouillées dans les prisons.

Vous ne comprenez pas ? C’est plutôt simple. Les équipements qui sont utilisés pour brouiller les communications dans les prisons ne sont pas du tout capables de brouiller les technologies actuelles. Sur les 188 prisons présentes en France, 110 compteraient des appareils, mais certaines sont prévues pour la 2G. Or, à minima on est souvent en 3G ou 4G…On imagine le choc générationnel quand sera arrivée l’heure de la 5G.

C’est pour cette raison que la France a investi 14,7 millions en 2018 et va mettre sur la table 19,9 millions en 2019. Une somme qui sera encore très probablement insuffisante.

Une question d’architecture

En effet, d’un côté, on trouve bien sûr le coût d’équipement lui-même. Nicole Belloubet, la Garde des Sceaux annonce déjà que la priorité sera donnée aux lieux  » hébergeant les détenus les plus sensibles ou les plus exposés aux trafics de téléphones portables« . En filigrane, la confirmation que tous les sites ne seront pas concernés.

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Au-delà du prix, c’est aussi une question de construction des prisons. Tout d’abord, les murs épais en béton armé qui ne favorisent pas vraiment ce type de technologies mais aussi les grilles ou les barreaux. Enfin, détail non négligeable, le fait que toutes les prisons ne sont pas dans des espaces isolés. Elles s’insèrent de façon régulière dans des ensembles urbains. Or, difficile de brouiller dans ce cas sans pénaliser les riverains. Reste à s’attaquer à la transmission des smartphones. Mais c’est là un autre problème à part entière…

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