Un amphi’ Jean Jaurès plein ! En ce jeudi midi, étudiants, personnels et enseignants, ont largement dépassé la capacité maximale. Dans cette période de crise gouvernementale profonde, où traverser la rue sans respirer de la lacrymo témoigne du miracle, les débats furent riches et fournis pendant plus de trois heures. Cette AG est certainement le meilleur débat qui ait pu avoir depuis la rentrée. Répression policière, perspectives de mobilisation du mouvement étudiant, dynamique des gilets jaunes, hausse des frais d’inscriptions pour les étudiants étrangers (hors UE), nécessité du « tous ensemble » : les sujets n’ont pas manqué.

Il a été mentionné le fait que samedi prochain, lors de l’acte 4, les gilets jaunes marcheront main dans la main avec la marche pour le climat co-organisée par l’association verte Gaïa. Tout un symbole, alors que la hausse de la taxe sur le carburant était légitimée par le gouvernement afin de diminuer la pollution…

Une « safe zone » pour les lycéens

Sur Toulouse, de nombreux lycées sont mobilisés depuis vendredi dernier. Le soutien envers les lycéens durement réprimés à coup de lacrymos, matraques et tirs de flash ball était sur toutes les lèvres. Il s’est matérialisé par le vote d’une « safe zone » que serait le bâtiment de Sciences Po. Autrement dit, en cas de répression violente de la police dans le centre-ville, les lycéens pourront se mettre à l’abris dans les locaux.

La question a également été posée sur le rôle des étudiants aux côtés des gilets jaunes. Si historiquement le mouvement étudiant a joué un rôle de catalyseur, d’étincelle, il était jusqu’à présent à la remorque de cette grogne contre la vie chère et l’injustice sociale. Mais le voici désormais à l’offensive. Notons que les traditions d’auto-organisation du mouvement étudiant (AG, coordinations nationales) sont des cadres démocratiques qui pourraient inspirer les gilets jaunes afin de structurer leur mouvement.

Alors que l’AG de Sciences Po regroupait plus de 200 personnes, au même moment au Mirail, étudiants et lycéens qui les avaient rejoints étaient trop nombreux pour se tasser dans le grand amphi. Plus de 3000 personnes étaient ainsi amassées depuis l’extérieur.

Soutien aux gilets jaunes et vote d’une occupation

La nécessité de faire un cortège de la jeunesse ce samedi a été évoquée. Les revendications communes avec les gilets jaunes ne manquent pas. Autour de la vie chère par exemple : rappelons qu’un étudiant sur deux travaille pour payer ses études. Un professeur a pris une intervention pour déclarer qu’Emmanuel Macron « est le président des 1% ».

Une banderole « IEP solidaire et en lutte » sera attachée à la façade de l’institut demain. L’occupation de l’institut d’études politiques – pour en faire un lieu ouvert pour des cours alternatifs, point d’information autour l’actualité politique et les attaque de Macron – a été votée à une très large majorité.

La prochaine AG aura lieu ce vendredi à 9h. Un atelier banderole et pancartes sera mis en place dans la matinée, alors que les étudiants de Sciences Po sont conviés à se joindre à la manifestation lycéenne demain à 13h, et évidemment à manifester aux côtés des gilets jaunes, des lycéens et de la marche pour le climat ce samedi.

La convergence des luttes est « en marche » !

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