Le mouvement de contestation en France fait réagir les dirigeants du monde entier, de Washington à Rome en passant par Moscou, Berlin ou Ankara.

Par Thomas Wieder, Jérôme Gautheret, Marie Jégo, Cécile Ducourtieux, Isabelle Mandraud, Gilles Paris, Jean-Baptiste Chastand, Jean-Pierre Stroobants et Anne-Françoise Hivert Publié hier à 15h46, mis à jour hier à 16h04

Temps de Lecture 7 min.

Article réservé aux abonnés

Emmanuel Macron et  Christophe Castaner, à Paris, le 2 décembre.

Emmanuel Macron et  Christophe Castaner, à Paris, le 2 décembre. POOL / REUTERS
Il ne pouvait que se réjouir de voir son ennemi déclaré en difficulté. Depuis l’Italie, Matteo Salvini, le ministre de l’intérieur d’extrême droite en guerre ouverte contre Emmanuel Macron, n’a pas raté le mouvement des « gilets jaunes » et la contestation inédite qu’il exprime. « Macron n’est plus mon adversaire. Il n’est plus un problème pour moi. Il est un problème pour les Français », a ainsi célébré, mercredi 5 décembre, le Lombard. Comme si son adversaire avait déjà abandonné la partie dans le conflit entre « nationalistes » et « progressistes » alimenté par les deux leaders depuis cet été. Face à un chef de la Ligue à l’insolente popularité, Emmanuel Macron semble désormais bien fragile.

Jusqu’ici, le président français pouvait jouer sur son image de leader jeune, convaincu, dynamique, qui lui assurait une popularité réelle sur la scène internationale. En témoignent les bains de foule réguliers lors de ses déplacements variés en Europe. Pour ses adversaires, la contestation des « gilets jaunes » marque la fin de cet état de grâce international.

Donald Trump n’a ainsi pas laissé passer l’occasion de régler ses comptes, alors que de nombreux dossiers, à commencer par l’environnement, opposent désormais les deux hommes. Le président des Etats-Unis a posté un message sur Twitter, mardi, après l’annonce d’un moratoire sur les taxes relatives aux carburants : « Je suis content de voir que mon ami @EmmanuelMacron et ceux qui protestent acceptent la conclusion à laquelle je suis parvenu depuis deux ans : l’accord de Paris est fondamentalement mauvais, car il provoque une hausse des prix de l’énergie pour les pays sérieux, tout en donnant un blanc-seing à certains des pires pollueurs. »

Article réservé à nos abonnés Lire aussi « Gilets jaunes » : « Des moyens exceptionnels » pour maintenir l’ordre

Il a ajouté que « les contribuables américains n’ont pas à payer pour nettoyer la pollution d’autres pays », alors que son pays reste de loin le plus grand émetteur de gaz à effet de serre par habitant, selon le rapport du Global Carbon Project publié mercredi.

Message mensonger

Incarné par une France périphérique, plutôt blanche, souvent victime de la mondialisation et qui n’hésite pas à s’en prendre à l’immigration, le mouvement des « gilets jaunes » correspond en de nombreux points à l’électorat de Donald Trump, et plus largement à la vague populiste qui connaît actuellement une nouvelle vigueur un peu partout sur la planète.

Leave a Reply

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.